Nicolas Moulin

Du 25 mai au 21 juillet 2018.



Albedo


Ces 12 dessins sont l'amorce d'un inventaire des corps du système solaire désignés plus généralement comme « astéroïdes », faits de glace et de roches, dont certains appartiennent à la ceinture principale située entre Mars et Jupiter, d'autres satellisés autour de planètes (Mars, Saturne) et d'autres encore, « géocroiseurs » c'est à dire en orbite oblique et autonomes. Photographiés par les missions de la NASA lors du passage à proximité, ou utilisés par celles-ci, afin de « rebondir » lors de voyages plus longs, ils ont été photographiés de près ou de loin, parfois avec haute précision, parfois moins.

L'acte de les dessiner fait entrer l'idée de leur perception au-delà de leur vision. Un acte archaïque pour des corps archaïques. Comme si prendre un crayon pour les figurer devenait un rituel, un culte animiste. Le dessin a cette caractéristique quasi mystique de tenter de capter la forme et la lumière des choses, et le paradoxe de dessiner comme au 19ème siècle des images produites par les plus hautes des technologies m'intéresse. Ce paradoxe fait intervenir l'idée du temps, et amplifie la sensation du lointain et de l'inaccessible, car toute image, tant bien photographiée soit elle, reste une abstraction totale tant qu'aucun humain n'a pu contempler à l'oeil nu ce qu'elle représente."

Nicolas Moulin, 2018.