Alex Rathbone

Du 7 janvier au 11 mars 2017


Presse
Les Inrocks
Liberation
Daily Art Fair
Mousse
Alex Rathbone

[…] Nous sommes tous si conditionnés par les techniques d’enregistrement modernes et la diffusion de ces enregistrements que chacun de nous a peur de faire un faux pas. Aujourd’hui, voyez-vous, si vous prenez un disque qui va être écouté de façon répétée, alors un simple élément, qui ne fonctionnait pas tellement bien mais n’aurait pas eu beaucoup d’importance une fois, va après de multiples écoutes détonner lui aussi. Les enregistrements nous inhibent et nous incitent à ne jouer que quelque chose de prévu et de parfait, et de fait l’influence du hasard – après tout, il y a toujours le risque que les choses ne se produisent pas – est négligée. Et ceci est totalement en désaccord avec l’esprit du baroque.

Je ne suis pas du tout certain que les enregistrements aient d’autre utilité que celle de servir de référence. Les conditions de la performance – les vraies circonstances - influent sur nos réactions. Vous ne jouez pas de la même façon dans chaque salle. L’acoustique fait une grande différence, l’instrument fait une immense différence. Il se peut que vous soyez plus sensible – je ne sais pas – que vous vous soyez plus tendu à cette occasion – que vous ressentiez quelque chose de plus joyeux est indispensable. Vous entrez dans la musique d’une façon plus négligée et si vous jouez quelque chose qui ne cadre pas absolument parfaitement, eh bien, cela n’a pas tant d’importance. Il faut vraiment que vous soyez bien dans vos baskets, que vous soyez attentif pour faire quelque chose qui vous apparaît soudain comme une bonne idée et ensuite être prêt à vous rendre compte que cela ne fonctionne absolument pas. Mais cela n’aura pas d’importance parce que ce sera la vie, ce que vous aurez fait aura une réelle vitalité.

Lionel Salter, musicien (extrait d’une interview publiée dans le livre de Derek Bailey ‘Improvisation: its Nature and Practice in Music’)