La nouvelle exposition de George Henry Longly à la galerie Valentin, The smile of a snake, tient son titre d'un tutorial d'apprentissage du langage mettant l'accent sur la prononciation des « s ». Un exercice phonétique souvent employé pour traiter des problèmes dans la matérialisation physique du langage, comme le zézaiement, lorsque la langue ne parvient pas à faire pression sur frontière de la bouche. Cet exercice évoque ainsi la manière dont le langage est un apprentissage (physique et social) de la limite, où l'individu doit conditionner et contraindre son organe à s'adapter aux limites internes de son environnement formant.

« S » est aussi la forme du serpent dont la souplesse et la musculature évoque la langue. Motif liminal de l'œuvre de Longly, le serpent est un instrument de communication utilisé dans les plus anciens rituels de l'humanité. Sémiotiquement ambivalent, il est un pharmakon incarnant tout à la fois la pureté et la corruption, la souplesse et l'immobilité, intensités fondamentales de la recherche plastique de l’artiste. Sa nature cérébrale entre en tension avec les réactions inévitablement viscérales et irrationnelles qu'il suscite chez l'homme.

Constitué comme un environnement immersif et dramatisé, The smile of a snake joue ainsi de cette analogie entre le processus de matérialisation physique et sémiotique du langage et celui de la mise en forme plastique dans la relation qu'ils entretiennent avec la démarcation des espaces internes et externes, de la signification et de la sensation. Les référents à la rationalité industrielle et aux systèmes de structuration de l'architecture, du langage, et de la morphologie du corps, entrent ici en tension avec des perceptions internes comme celles provoquées par la couleur, l'odeur, et le son.