Subterannean

Une exposition de Nicolas Moulin
Du 23 février au 30 mars 2013


Presse

Dès le départ de son travail, Nicolas Moulin se base sur l’exploration et la représentation des utopies urbaines, et des paysages dystopiques qui en ressortent.

A travers des photographies truquées et des images de paysages hybrides, il questionne la notion de réalité et de perception de celle-ci, la mémoire que nous entretenons de l’Histoire à travers la représentation et les projections que nous faisons sur l’avenir, qui en découlent.

En effet, il n'est pas de vision « futuriste » valide sans prendre en compte la base sur laquelle elles se construisent. Ainsi, dans un paradoxe ironique, la notion de «Futur» a tendance à devenir instantanément obsolète dès que cette vision prend forme.

De plus, paradoxalement, le progrès technique, lié à l’informatisation totale de nos sociétés a généré une accélération de l’histoire. Cassant sa linéarité d’antan pour la transformer en quelque chose de sphérique, les déplacements d'espace et de temps s’opèrent ainsi sans plus aucune hiérarchie et dans une entropie totale.

Dans les temps uchroniques, la question du futurisme comme archaïsme ne se pose pas : dans l’idéologie brutaliste non plus. La non-réalisation des projets mégalomanes du XXème siècle leur assure une permanence à travers les époques, une omniprésence spectrale. Dans le brutalisme, la notion du progrès est, comme le disait Le Corbusier, de « continuer à construire comme au moyen age, mais en plus grand, grâce au béton ».

Du moyen âge à l’âge moyen, Nicolas Moulin se penche de plus en plus sur les concept de l’obsolescence, présents déjà dans son installation « Goldbarrgorod » en 2008 ou encore dans son film « Interlichtenstagespentereinzuladendarandenken » en 2010.

Pour sa nouvelle exposition à la galerie Valentin, Nicolas Moulin propose, encore une fois, de nous propulser dans un univers technique et de représentation, à travers de fausses archives de dessins d’architectures conçus dans une logique d’hybridation et de régression technique. A travers ces « vrais-fausses » vues, l’artiste entame une nouvelle phase dans son travail, de plus en plus proche d’une réflexion sur l’architecture brutaliste et ses utopies déchues.