Malevolence

Exposition de Donelle Woolford
du 27 octobre au 24 novembre 2012



Donelle Woolford (née en 1954 à Détroit, USA) vit et travaille à New York, Brooklyn, le Bronx, Philadelphie, Londres et Vienne.

Elle a notamment participé à l’exposition « Double Agent » à l’ICA à Londres, à la Biennale de Sharja et à « Buy american » à la Galerie chez Valentin.

Sa performance a précédemment été jouée au Musée Gugenheim, au Prélude Theater Festival, au Lewis Center of Art à Princeton, au Suburban à Chicago, à White Flags, à Saint Louis, et à l’Université de Yale à New Haven.


Presse

Les nouveaux travaux de Donelle Woolford sont malveillants.

Ayant expérimenté les joies et les challenges d’être une jeune artiste émergente, elle n'est pas tant intéressée à passer les vingt prochaines années à monter plus d’expositions personnelles, attendre plus d’articles de presse, participer à plus de biennales etc…

Woolford a décidé de prendre l’identité d’un artiste en milieu de carrière. En tant que personnage fictionnel elle peut faire cela. Elle a juste besoin d’une motivation, quelques nouvelles intrigues, quelques conflits et illico : Acte II.

D’un simple geste, Donelle Woolford a désormais 58 ans, confortablement installée dans une sagesse propre à celle des artistes en milieu de carrière

- profond, engagé, frappant, sincère, le genre sensible d’artiste que l’on peut être.

Par le biais d’une série de « Joke paintings », MaLeVoLeNcE chronique les aventures d’un personnage qui se prénomme Richard Qui nous vient à l’esprit à la lecture de ces lettres :

Richard Pr

Richard Pryor ou Richard Prince ? Quelque soit celui qui émerge de notre conscience, il nous place (nous et eux) dans une catégorie à l’exclusion de l’autre. Richard Pryor était noir. Richard Prince est blanc. Richard Pryor racontait des blagues. Richard Prince peignait des blagues. Richard Pryor inventa un nouveau genre de comédie explicitement identitaire qui, une fois engagée, demeurait sans possible retour, peu importait qu'il soit destructeur. Richard Prince initia l’acte d’appropriation, un geste qui, une fois réalisé, sans possible retour, peu importait qu'il soit productif. Les « Joke paintings » de Donelle Woolford interrogent cette dichotomie entre destruction/production.

Visuellement, les peintures de Donelle Woolford sont d’apparentes références à des styles et artistes connus. Les peintures de Donelle Woolford sont des doublures, des fac-similés, des éléments scéniques. Les peintures, couvertes au marqueur, à la peinture acrylique et au stylo bille, sont les signes bavards de leur processus et de leurs repentirs, l’évidence de ce que l’artiste pense tout haut. Sauf que, dans le cas de Donelle, tous ces signes ont été pensés avant leur exécution et ainsi ont pu être exécuté par les mains expertes des assistants de l’artiste ; Il n’est pas important de savoir qui fait les peintures de Donelle Woolford. Non pas qu’elle s’intéresse à la question de l’auteur, elle préfère simplement ne pas réaliser son propre travail.

Dans le cadre de ces expositions, « Dick’s Last Stand », une performance de 45 minutes sera présentée au Palais de Tokyo le 27 octobre 2012. « Dick’s Last Stand » est une réplique exacte de la dernière édition de l’émission de télé « Richard Pryor Show » diffusée en 1977 sur une chaîne populaire américaine. Cette formidable déconstruction du genre est un commentaire social subversif qui trouve encore tout son écho aujourd’hui.

A l’occasion de l’exposition sera publié le livre « Dick Jokes », recueil de plaisanteries obscènes des cinquante dernières années aux Etats-Unis.