Carlos Kusnir

  • Carlos Kusnir

from November 24th
until January 5th 2008

Press release

Issue d’un couple de peintures, une mélodie baigne le lieu. Un paravent peint recompose l’espace de la galerie. Panneau préparé tel un instrument de musique où des tableaux s’accrochent et se décrochent. Posés au sol, d’autres attendent leur tour. Exposition du jour relative et variable selon l’humeur ou le temps qu’il fait ?

Par le travail des façades qu’il installe ici, Carlos Kusnir joue son propre espace. La peinture s’avance de plain-pied vers celui qui la regarde. Telle une maison, la façade est à la fois un lieu et la présence qui l’habite. Elle nie le mur et enjambe l’espace pour mieux nous rejoindre. Dans ce même élan, la musique de Scriabine qui filtre de deux tableaux, est une qualité picturale qui nous gagne et nous poursuit une fois le lieu quitté. Nous sommes aux prises de la polyphonie d’ensemble.

Mais il y a encore chez Carlos Kusnir un savoir-faire virtuose doublé du refus de tout contrôle sur la peinture comme sur celui qui la regarde. Kusnir dépasse ce point où le travail vient s’agacer de sa virtuosité, car c’est au-delà qu’advient réellement sa peinture. Une manière de lâcher-prise qui semble aller à la rencontre de la syncope et de l’accident pictural pour mieux se camper dans la vie.

Les peintures de Carlos Kusnir nous regardent depuis un autre règne d’où elles semblent nous provoquer. Dans le mouvement de va-et-vient où nous les rejoignons, se propage le rire.

Arnaud Deshayes