Donelle Woolford : a narrative by Joe Scanlan

Une exposition de Donelle Woolford
2007


Donelle Wollford est une artiste afro-américaine du 21ème siècle. Elle utilise le bois. Travaillant seule dans un coin d’une scierie, à l’ombre d’une ville industrielle en décrépitude, elle réveille des moments de gloire en les reconstruisant de mémoire. Ses tableaux d’assemblage, dans un esprit cubiste, coïncident avec le centenaire de ce mouvement. En y regardant de plus près, le travail de Donelle Woolford semble être post moderne, drapé dans une identité politique filtrée par sa mémoire et son expérience personnelle. La question est de savoir sur quels souvenirs cette reconstruction est fondée : Art Africain ? Post modernisme ? Economie industrielle ? Cubisme ?

Quand les images vous envahissent comme par instinct, d’où viennent-elles ? Après s’être familiarisée avec l’esthétique dominante du 20eme siècle au contact de différentes institutions, Donelle Woolford régurgite-t-elle cette esthétique à leur place ? Ou rattrape–t-elle,  comme une machine à remonter le temps et grâce à Picasso et Braque, un passé de l’Afrique de l’Ouest plus distant ?Etant données les théories post modernes des origines culturelles et des influences qui sont la base même de l’identité politique, ce genre d’assimilation est-elle possible en tant que telle ?

Quand on va un peu plus loin, on revient au début de l’histoire : Donelle Woolford est un récit de Joe Scanlan.

Depuis les 6 dernières années, Joe Scanlan a travaillé avec Donelle Woolford comme alter ego pour ses tableaux cubistes. Même si elle est restée déguisée passivement pendant des années, Donnelle Woolford, dont le personnage est un amalgame de mythes et de réalités, esthétiques et économiques, sort du texte pour devenir une vraie artiste en chair et en os, qui devient l’incarnation vivante de son travail.

L’aspect essentiel du travail de Donelle Woolford – ou pour être plus précis, de Joe Scanlan- est la volonté d’être libre, de laisser aller son imagination, de faire tout ce qui est nécessaire pour construire le meilleur récit possible. Si le récit est fascinant, si les personnages, les idées et les matériaux sont attirants, alors les transformations en art et en politique qui s’ensuivent ont le potentiel de changer le dialogue entre art et consommateurs d’art, c'est-à-dire nous, l’audience. Si une des conditions de cette transformation est le retrait d’un artiste pour une mise en place et mise en valeur d’un autre artiste, que cela soit ainsi fait. Selon Joe Scanlan : « J’essaie de ne pas être un obstacle à une bonne idée ».

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