Exposition de groupe

  • Boris Achour
  • Pierre Ardouvin
  • Etienne Bossut
  • Carlos Kusnir
  • Simon Moretti
  • Anthony Vest

Du 08 juin
au 10 juillet 2004

Communiqué de presse

“The artist is an amazing fountain.”

Bruce Naumann, 1966

La galerie chez Valentin présente du 8 juin au 12 juillet 2004 une exposition collective réunissant Boris Achour, Pierre Ardouvin, Etienne Bossut, Carlos Kusnir, Simon Moretti et Anthony Vest.

L’exposition montre des œuvres colorées, gaies, ludiques et fragiles. Elles mettent en opposition au rapport de certitude du concept de consommation, la fragilité, la précarité et l’urgence dans des signes, des objets, détournés, empruntés ou usurpés à la vie du “consommateur”. Elles se mettent en perspective par de multiples références aux artistes modernes et contemporains.

On entre dans l’exposition par de grandes bandes de peinture de couleur. Cette œuvre de Boris Achour reprend l’enseigne d’un magasin AM/PM ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Elle appartient à une série réalisée en 2003 au centre d’art Fri-art à Fribourg comme “Fontaine” une autre œuvre de Boris Achour présentée dans l’exposition. Celle-ci est composée d’un arc de cercle en stratifié bleu et d’une quinzaine d’ampoules qui s’allument alternativement à l’image d’un écoulement de l’eau ou d’animations lumineuses des fêtes foraines.

Des dessins absurdes, grinçants ou drôles de Pierre Ardouvin ponctuent le mur coloré. Quatre raquettes de bois - Simon Moretti “Souvenir 3,4,5”, et “Fantasia by Medhi El Assadi” - posées au sol s’y appuient. Les trois premières sont gravées de motif de la sécession viennoise (Wiener Werkstatte). La dernière est un “ready-made fabriqué”, une interprétation spontanée du motif par l’artisan ébéniste qui les a réalisées.

Un néon bleu turquoise dessine en un trait lumineux un carré inachevé, comme celui d’un dessin fait de manière systématique. Le dessin sort ici de sa dimension intimiste pour se mettre en rapport à l’espace tout en gardant un caractère précaire. Il oppose la force habituelle de l’enseigne lumineuse à la fragilité d’un trait incertain. Cette œuvre reprend le titre d’un film anglais des années 50 “Saturday night, Sunday morning” parmi les premiers films réalistes à parler de la difficulté du quotidien.

Pierre Ardouvin a disposé un animal “Sans queue ni tête” fait de deux manteaux de fourrure synthétique assemblés dos à dos. Posée au sol une autre œuvre de cet artiste est exposée. Un simple cintre, un masque de blanche neige, un petit dauphin en peluche... une corne d’abondance en osier, c’est le petit inventaire des objets dérisoires et délaissés de l’installation “L’abondance”.

Sur deux tableaux de Carlos Kusnir, d’une apparente brutalité naïve, de grande lettres capitales forment le mot menteur. Elles interpellent de manière drôle et insolente peut-être pour mieux regarder derrière la peinture le fond comme une seconde nature plus profonde et plus sûre.

Des éléments de résine colorés emboîtés les uns dans les autres comme les couleurs d’un baton de Cadéré mais qui sont en réalité de grandes paires de bottes géantes et infinies. “Chaque matin...” est une succession, une typologie de l’acte répété et une incarnation physique et sculpturale de l’ironie du geste.

Dans un grand dessin, Anthony Vest construit au jour le jour un réseau d’images re-dessinées et reliées d’un trait final en couleur : une reconstruction personnelle face à un univers de signes urbains, télévisuels, graphiques et violents.