Veit Stratmann

Né en 1960
Vit et travaille à Paris, France


Expositions
  1. Sol fixe - Sol mobile 2014
  2. Un sol parisien, 2011
  3. Plans, 2006
  4. Veit Stratmann, 2003
  5. Sans titre, 2000
  6. Pour l’appartement,
    104 avenue de St-Mandé, 1998

Biographie complète (fichier pdf)


Si l’art minimaliste a prêté une attention particulière à la situation et à la perception de l’oeuvre dans son contexte physique – englobant l’architecture, la lumière et le spectateur – pour qu’elle agisse comme un révélateur de cet espace tout autour, il est clair que Stratmann en a digéré toutes les leçons. Une intervention plastique de sa part s’appuie toujours sur la prise en compte de la qualité du lieu où il doit intervenir ou plutôt sur la mise en évidence de ses absences de qualité, passages à vide architecturaux qui ne sont dictés par aucune nécessité fonctionnelle, mais éclairent des contradictions dans la conception des lieux. Une crise structurelle. Ces absences révélées sont autant de béances incommensurables qui permettent à Stratmann de neutraliser les lieux qu’il occupe. (…)

La non-théâtralité absurde assumée vise davantage l’autonomie et la responsabilité du spectateur, pris comme un être agissant, qu’il le veuille ou pas. Il est des présences ou des mouvements qui nous engage, même dans leur refus d’y participer. (…)

Le terme de disjonction revient à plusieurs reprises et sous plusieurs prétextes parce qu’elle est une expérience fondatrice de l’oeuvre de Stratmann qui, à travers la banalité de dispositifs ou d’appareils, travaille à une proximité et à une coexistence sur un mode irréconcilié. Qu’il s’agisse du geste collectif rendu très difficile tant le geste est profondément individuel chez Stratmann, de la frontière – à la fois non-lieu et zone de contact – la dualité commune et le choix de nos gestes forcent la pause. La pause est un espace-temps soustrait au présent qui n’est pas celui de l’adhésion, mais celui de l’interrogation et de la décision.