Brian Kokoska

Née en 1988
Vit et travaille à New York, USA


Brian Kokoska utilise un répertoire également réduit et schématique : gestes rapides, formes primaires, fonds monochromes, lexique volontairement limité. Larmes, fleurs, chiffres, toiles d'araignées, croissants de lunes par exemples sont autant de motifs équivalents aux yeux, bouches, corps qui tentent de constituer une « persona ». L'unité d'une figuration identitaire ou d'une lecture signifiante est dé-coordonnée par la prolifération des combinaisons possibles entre les signes, les motifs et les registres émotionnels fragmentés et contradictoires. Procédant par un effet d'écrans emboîtés, ces figures basculent sans cesse entre des codifications iconographiques divergentes, masculin, féminin, animal, végétal, mobilisant et amalgamant aussi dans une synthèse flucutante les registres de l'abstraction, de la caricature, du cartoon, du diagramme ou du psychogramme. Visant à stimuler tout en les tenant en échec les automatismes projectifs du spectateur, comme sa tendance naturelle à anthropomorphiser des formes ou à les traduire en émotions ou en attributs de genre, la peinture de Brian Kokoska tire ainsi son efficience de sa capacité à imiter la défaillance du processus d'identification, à destructurer tout en les redistribuant les attributs de la personnalité. Chez Kokoska, la figure humaine est en-visagée (et dé-facée) comme un « objet sériel » et schématique. Si nos sociétés contemporaines produisent des standards identitaires, aptes à la mesure et aux statistiques, en traitant la figure comme un ensemble de signes, sans bords ni contours et dont l'adéquation ne peut pas se réaliser, les figures de Brian Kokoska évoquent un état simultané de destruction et de métamorphose. Un type de sensibilité que l'artiste conçoit comme « post-humaine », qui viendrait nous désigner notre propre reflet intoxiqué..