Plans

Une exposition de Veit Stratmann
2006


En présentant à la galerie Valentin une trentaine de dessins, Veit Stratmann souhaite montrer pour la première fois l'ossature du travail. Ni étude, ni esquisse, activité à part entière dans le travail de l'artiste, ils sont le lien de la pensée au geste. Débutés en 2004 à partir des études du site de l’atelier Calder à Saché, ces dessins sont des tentatives d’appréhension d’espace, de leur mise en évidence par le dessin. Réduits à des formes minimales voire quasi abstraites, ils représentent un état de passage entre un espace physique à investir et un espace de réflexion pour une installation à venir. Certains de ses dessins ne trouvent pas de réalisations futures et restent la seule trace d'une éventuelle intervention ou un simple objet d'étude abstrait.

D’approche aussi radicale que ses installations, ils mettent en opposition des lignes noires très fines tracées sur du calque avec de grandes surfaces en laque, le plus souvent orange. Par des effets de transparence de calques et la finesse des lignes dessinées, ils recréent, sans réalisme, la dimension complexe de lieux étudiés. Les strates du dessin opposent de manière franche des volumes, des circulations, des masses…: un mode d'emploi déroulé d'une potentielle appropriation artistique, une définition radicale et sensible d'un lieu.

"Les dessins sont assez grands 130 cm x 100 cm, 100 x 65 cm, 65 x 50 cm ... Sauf les dessins de 65 x 50 cm (unité de base), les autres sont construits de plusieurs feuilles collées ensemble, ce qui confie une énorme liberté quant à la mise en place du dessin. Cette façon de coller permet d'envisager la chose dessinée comme la chose en soi et voir au fur et à mesure du développement du dessin, dans quelle surface elle s'inscrit. Elle libère aussi de la nécessité de trouver le bon endroit pour la chose dessinée dans la feuille. Je peux commencer n'importe où et voir où ça se termine. Le dessin devient une sorte d'écriture" (Veit Stratmann, mai 2006).

Cette pratique, quotidienne et quasi-mécanique dans le travail de Veit Stratmann est certes le processus de mise en place d'éventuelles installations mais aussi la condition sine qua non de leur existence. Cette série, très différente des dessins réalisés auparavant, met également en exergue l’évolution du travail de ces dernières années. Le rapport intérieur/extérieur est resté une préoccupation centrale. Mais plutôt qu'un élément fixe rapporté dans un espace invitant à une pratique ou une circulation, Veit Stratmann a initié au travers d'éléments mobiles (assises sur roues, plateformes...), des propositions à points de vues multiples : une redistribution permanente de la cartographie des expositions engageant cependant toujours le spectateur dans la pratique d'un lieu. Ces éléments mobiles montrent, comme les dessins de cette exposition, au delà d'une mise en oeuvre radicale, l'impossibilité d'une expérience unique du lieu. Les dessins de ces éléments mobiles seront également présentés dans l'exposition.