Vider Paris

Une exposition de Nicolas Moulin
2001


"Pour VIDERPARIS, j’ai travaillé sur photoshop de manière très rationnelle, comme si j’étais une entreprise de travaux publics. J’ai ôté toute trace de vie, j’ai démonté le mobilier urbain et gardé l’architecture. J’ai aussi conservé au sol les passages piétons, les lignes continues et les bandes blanches : pour les effacer, il aurait fallu poser une couche de bitume. Ça n’entrait pas dans la logique de l’opération. Quand on veut vider une ville, on ne perd pas de temps à ça… C’est une fiction sans narration. Je ne raconte pas une histoire, je présente juste les faits. Ces images permettent d’ouvrir la fiction, de créer un puissant espace de projection".

VIDERPARIS est une installation comprenant une vidéoprojection d'images fixes en mode aléatoire. Elle se compose d'une série d’images retouchées sur ordinateur d’après des photographies de rues de Paris. Toute trace de vie y a été retirée : végétaux, mobilier urbain, piétons, voitures… Tous les immeubles ont été bouchés par des plaques de béton jusqu’au deuxième étage. La série d‘images défile sans ordre précis directement de l’ordinateur via un logiciel de projection.

En général, cette pièce est installée dans un espace totalement obscur et repeint en gris du sol au plafond.

VIDERPARIS est accompagnée d’une bande son : une boucle de 2,27 min tirée d’une nappe d’un disque de Plastikman et ralentie trois fois, pour tourner sans fin. Ce son est le fruit d’une collaboration avec le musicien Jimmy T.